Le groupe « Run à la fac », ce sont 60 coureurs qui se retrouvent par tous les temps au bord du Canal du Midi, sur les chemins des coteaux de Pech David ou sur des sentiers plus montagnards pour s’entraîner, se dépenser et partager un bel effort ! Créé en 2010 par Maria Semerjian, professeur d’EPS et passionnée de trail, au sein du Service des sports de la faculté des sciences Paul Sabatier de Toulouse, le groupe ne cese de s'étoffer et repart de plus belle à chaque rentrée.
Nous étions 4 coureurs liés à Run-à-la-fac sur le parcours "mythique" de l'utmb en cette fin d'été. La météo ne fait pas tout, on est bien d'accord, mais les belles conditions nous ont aidés à tous boucler la route autour du Mont-Blanc ! C'était grand !
Nicolas Gay boucle son tour en 40h48 et les deux amis (et beaux-frères me semble-t-il !) Jean-Paul Bacaria et Aurélien Huard passe la ligne ensemble en 44h49. Toutes mes félicitations messieurs, c'était un beau défi.
Pour ma part voici ma vision de la course !! bonne lecture et à très vite sur de nouveaux chemins de traverse !
2010 : été pourri (arrêt de la course à St-Gervais).
2011 : course à rallonge. La météo capricieuse a obligé les organisateurs à modifier la fin du parcours : je boucle la course en 32h20, 76e au scratch, 8e féminine, 2e Française.
2012 : la louze du tirage au sort, je ne suis pas sur la ligne de départ. Mais finalement ce n'était pas plus mal vu les conditions météo exécrables dans les Alpes et au contraire ma belle course sur le GRP (24e au scratch, 1ère féminine).
2013 : l'année des balèzes. Kilian n'est pas de la partie mais il a trouvé des adversaires à sa hauteur !! Entre autres le jurassien Xavier Thévenard (1er en 20h34), l'extra terrestre US Rory Bosio (7e au scratch en 22h37 !!) et une forte amarda espagnole !!
De mon côté, je partais avec l'ambition de battre mes 32h20 et puis le classement se ferait en fonction.
Départ 16h30 en plein soleil, Vangelis et ses chariots de feu me font toujours frissonner, la foule se presse pour voir passer les 2000 et quelques concurrents de l'inutile. La pression est palpable dans les premiers kilomètres, et comme d'habitude, je me fais doubler dans tous les sens ! Savent-ils pourquoi ils partent tous ces fous furieux ?! Je passe 450 et quelques au 1er pointage : un sur deux ne finira certainement pas la boucle et j'en rattraperai un certain nombre.
C'est mon 6e parcours (1 en course, 4 en reconnaissance), je commence à bien connaître les différentes composantes de la balade ! Je garde les bâtons dans le sac : jusqu'à Notre Dame de la Gorge, il faut juste courir ! D'habitude, je trouve cette portion plutôt longue mais là, je me rends compte que tous les kilomètres accumulés cet été payent, je trotte à bon rythme et surtout je ne me lasse pas !
On sort frontales et vestes des sacs : direction le col du Bonhomme et sa croix. La nuit est superbement étoilée, je suis toujours bien, le col arrive plus vite que prévu. Derrière, la descente sur les Chapieux est assez technique, alors, j'assure, pas la peine de se carboniser ni de se faire une cheville… J'aime bien ce petit atoll de lumière, un bol de soupe et ça repart. Je m'applique à changer les piles, à refaire le plein de mon camel, surtout ne pas faire n'importe quoi, rester lucide…
Col de la Seigne, lac combal, arrête du Mont-Favre… tout s'enchaîne étonnement bien : pas froid, pas mal, pas trop faim, je suis bien en rythme, je grignote des places au classement. La descente sur Courmayeur est très poussiéreuse, on ne voit pas grand chose dans le faisceau des lampes… J'ai 30' d'avance sur mon tableau de marche. Je retrouve avec grand plaisir mon compagnon dans le palais des sports mais je fais vite ! changer les piles encore, le plein de power barres, quelques fraise tagada, un bisou et on se revoit en Suisse !!
Le ciel s'éclaircit dans la montée à Bertone, j'enchaîne sur Bonatti avec les grandes Jorasses à ma droite : c'est superbe… Dans la montée du grand col Ferret, je retrouve Dédé assez transi de froid qui m'indique des cibles féminines à ma portée !! Effectivement en attaquant la descente hyper roulante sur la Peule et la Fouly, je double Juliette Blanchet et j'arrive dans le même temps avec Manuela Vilaseca (Brésil) au ravito. J'ai plus d'une heure d'avance sur mon prévisionnel et les voyants sont toujours au vert… Bon, je cale un peu dans cette 1ère partie suisse mais je ne m'énerve pas, je me plonge dans mon ipod et j'avance jusqu'à Champex, son calme, son beau lac, et sa terrible montée sur Bovine !!
A chaque fois, j'occulte ce tronçon et pourtant qu'est qu'il est raide !! Mais derrière j'ai encore des jambes pour apprécier la descente sur Trient.
La fin est proche, mon copain, mes amis, ma famille me soutiennent au bord du chemin ou derrière leur ordinateur, je reçois plein d'ondes positives mais faut tenir ! J'ai un 2e petit coup de mou dans la descente sur Vallorcine, surtout rester dedans, ne rien lâcher. Au dernier arrêt au stand, mon "team" est aux petits soins, personne ne me colle la pression mais tout de même !! J'ai jusqu'à 22h30 pour terminer en moins de 30 heures, soit 4 heures pour les derniers 18 kilo : l'objectif devient très concret ! Je n'ai plus mal nulle part, je n'ai que le chrono en tête ! J'attaque la dernière rude montée sur tête au vent en appuyant sur mes bâtons, mais je profite aussi : bouquetins et superbe coucher de soleil sur le glacier d'Argentière, quelle beauté !! La nuit monte et ne me facilite pas la descente sur Chamonix. Il faut toujours et encore lever les genoux pour esquiver les cailloux… J'ai 1h30 pour boucler les 8 derniers kilo, ça devrait le faire mais je reste toujours dedans ! Mon téléphone n'arrête pas de biper mais pas le temps de consulter les messages d'encouragement !
Et voilà les lumières de Chamonix, ça y est, tu l'as fait !! Dans les derniers virages dans les rues, tu te prends pour une star, le public t'acclame, les gamins te tendent les mains, t'arrive à fond sur la ligne d'arrivée, les photographes et le speaker ne sont là que pour toi… Un très chouette moment que je partage très vite avec mon ami sitôt ma veste de finisher récupérée (elle fait partie du mythe !). 29h34, 104e au scratch, 7e féminine, 1ère française : contrat rempli ! et maintenant récup avant un nouveau challenge…
Le départ et passage à La Fouly puis au col de la Forclaz